Adopter un chien… c’est un mode de vie! – Partie 2

Voici la suite de la première partie de ce billet réalisé par une amie invitée, Christine Dolan, intervenante canin.

Elle nous parle du changement fort important d’introduire un chien comme nouveau membre de la famille, des implications et efforts que ça implique.

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Deuxième partie : Quel est l’impact des attentes initiales de la famille vis-à-vis le chien, s’il ne correspond pas aux attentes?

Rencontrer des familles qui sont démunies et dépassées par les circonstances imprévues reliées à l’adoption de leur chien est chose courante lorsqu’on intervient en comportement canin. Plusieurs famille pourront s’identifier aux différents scénarios rencontrés en intervention:

1er scénario : d’un commun accord avec le reste de la famille, vous venez d’ajouter un membre à la marmaille. Ayant toujours eu un chien dans la famille, vous avez choisi d’adopter la même race de chien et du même éleveur. Vous avez adoré vos expériences avec vos chiens précédents.

En arrivant à la maison, votre nouveau toutou est tout le contraire des chiens précédemment accueillis. Il s’est donné comme mission d’être le partenaire de jeu de votre chat. Quant à lui, votre chat ne semble pas apprécier le nouveau membre de la famille. Il à prit refuge dans une penderie ou sous votre lit et ne sort que lorsque votre chien dort.

Pour être compréhensif, vous donner un mois d’essai à ce que votre chat et votre chien s’habituent ensemble. Malheureusement, au bout de l’échéancier la situation n’a pas changé. clip_image002

2e scénario : Après plusieurs années de demandes insistantes de la part des enfants, vous avez cédé à leur demande, pour leur faire plaisir. Vous avez pris soin d’attendre que les enfants vieillissent un peu et puissent mettre la main à la pâte.

Vous êtes à votre première adoption en tant que parents. Vous avez lu beaucoup sur le sujet, sur la race que vous vouliez. Vous étiez rassuré que le tempérament de la race vous convenait.

En arrivant à la maison, votre nouveau toutou est tout le contraire du bon chien de famille qui était décrit dans les livres et sur les sites Internet que vous avez minutieusement scruté. Il court, jappe et mordille tout ce qui bouge : les enfants, les mains, les mollets, le chats, etc.

Les enfants qui avaient promis de s’impliquer aux tâches reliées au chien; fuient ou évitent d’être en contact avec lui. Vous vous retrouvez seul à gérer les comportements désagréables en plus des responsabilités quotidiennes.

Rapidement, vous êtes à bout d’énergie et vous avez besoin de souffler un peu. L’idée de vous départir du chien est impensable, mais l’idée de travailler davantage pour que ça change est peu envisageable.

3e scénario : Votre conjoint ou conjointe adore les chiens. Vous? Vous avez toujours vécu sans. Vous vous laissez convaincre pour faire plaisir à votre partenaire. Vous imaginez que tout ira bien, puisqu’il ou elle s’y connait bien. Le portrait tel qui vous est dessiné demande peu de votre investissement et risque de peu déranger votre confort.

Malgré qu’il soit plus poilu que les autres membres de la famille, ce détail vous dérange moins que la liste des mauvais comportements qui s’accumulent depuis son arrivée.

Son moteur à 4 pattes déplace plus d’air que vous l’anticipiez. Il est impossible de préparer un repas sans qu’il veule y participer ou y goûter! Dans les moments d’inattention de votre part, il s’est donné la mission de faire votre lavage, mais avant… une petite poursuite s’impose à travers la maison pour récupérer vos vêtements.

clip_image0044e scénario : Vous êtes quelqu’un d’actif, vous faites beaucoup de sport de plein-air. Faire bouger votre chien est naturelle pour vous. Vous vous êtes donné comme mission de le fatiguer afin de vous assurer une bonne nuit de sommeil.

Malgré toutes vos bonnes intentions, le soir venu, il est toujours prêt à repartir. Vous voyez difficilement le bout du tunnel et vous avez de la difficulté à répondre à ses besoins.

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5e scénario : Vous avez un réseau social éloigné de vous. Pour répondre à votre besoin social et de sécurité vous décidez d’adopter un chien.

Sans trop y penser vous rentrez dans une animalerie et vous tombez en amour avec le petit chiot qui court vers vous. Il vous a choisi!

Vous le ramenez à la maison. Tout va bien lorsque vous êtes avec lui, il vous suit partout dans la maison, demande des caresses, demande de jouer. Vous êtes aux petits oiseaux!

Quand vient le temps de quitter la maison pour aller travailler, vous avez un petit pincement de le laisser seul, en même temps, vous croyez que tout va bien aller. Dès que vous verrouillez la porte, votre cauchemar se réalise. Votre chien hurle derrière la porte et gratte pour sortir.

Démuni, triste et impuissant vous ignorez quoi faire, vous devez aller travailler.

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6e scénario : Vous voulez un chien sociable qui vous suive partout : chez les amis, chez les parents, en vacances, sur les terrasses, etc.

Quelques mois après l’adoption, votre chien se cache sous le lit, refuse de sortir et a très peu de contacts avec la famille. Lorsque vous l’amener à l’extérieur pour faire ses besoins, il les fait en vitesse et tire pour entrer dans la maison, ou il refuse tout simplement de les faire. Dès qu’il entre dans la maison, voilà qu’il se soulage à votre grand désarroi.

Après plusieurs jours de répétition de ce scénario, vous comprenez rapidement l’ampleur des peurs de votre chien, mais vous ignorez comment en venir à bout.

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7e scénario : Les chiens que vous avez eût dans votre enfance ont toujours gardé votre maison. De nature indépendante et méfiante, ils vous avertissaient lorsqu’un visiteur ou un inconnu arrivait à la maison. C’était très rassurant pour vous de savoir qu’ils réagissaient aux bruits que l’humain perçoit difficilement.

Votre chien actuel est tout le contraire de ceux que vous avez eût précédemment. Il est très sociable.

Vous avez de la difficulté à l’endurer parce qu’il demande trop d’attention, ne jappe pas et il partirait sans hésiter avec le premier venu, en autant qu’il lui donne des caresses!

Vous vous reconnaissez?

Sans le vouloir, le chien idéalisé crée un déséquilibre dans la dynamique familiale et un stress pour tout le monde.

D’une part, l’humain se désenchante lorsque le chien ne correspond pas aux objectifs et aux idéaux de la famille. D’autre part, le chien se retrouve prit dans un rôle qui ne lui convient pas.

Soit on lui impose des attentes élevées, soit dans la pression de changer de personnalité pour mieux nous convenir ou soit en l’enfermant dans une image préconçue. Dans cette situation, chacun vit un deuil et pleins d’émotions désagréable a vivre.

Vous vous donnez quelques jours pour vous ajuster à la situation. Vous respirez 2-3 bonnes bouffées d’air question de rester le plus zen possible, alors qu’en dedans vous remettez en question l’idée même d’avoir choisi ce chien. Vous faites les mêmes choses qu’avec vos chiens précédents, et rien ne semble venir à bout des problématiques avec lui. Vous vous demandez si la situation aurait été différente si vous aviez adopté un autre chien.

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Il est clair qu’il y a une impasse. La famille doit maintenant intervenir pour rétablir l’équilibre.

La demande la plus fréquemment rencontrée en intervention est que le chien doit cesser de faire les comportements dérangeants. Il doit changer de comportement, s’améliorer, s’ajuster, obéir, être conforme et répondre aux attentes.

Cette dynamique de demandes et d’exigences nuit à la relation naissante entre le chien et la famille et crée beaucoup de résistance.

Sans guidance, diverses facettes de la relation homme-chien sera plus difficile à établir :

– s’attacher émotionnellement au chien et créer des liens,

– évaluer objectivement la situation; les demandes de changements; les alternatives possibles,

– trouver un terrain d’entente,

– partager équitablement les responsabilités pour rétablir la dynamique familiale.

En somme, il est important de comprendre que toute nouveauté dans la famille demande un niveau d’adaptation. Lorsqu’il y a un changement (l’arrivée du chien), il y a une résistance naturelle à accueillir le changement tel qu’il est présenté. Pour beaucoup de gens en début de relation, les bénéfices qui découlent de l’adoption sont plus faibles que les dépenses d’énergie nécessaires à retrouver un état d’équilibre avec le chien.

Si le travail d’évaluation de l’impact du chien sur la famille n’a pas été fait à l’adoption, il sera fait lorsque la famille rencontre une crise avec le chien. À ce moment là, la motivation de chaque membre de la famille nous aidera à mettre en place des demandes réalistes et des stratégies de changements adaptées à l’environnement, afin de retrouver un nouvel équilibre dans la dynamique familiale.

Suite vers les parties 3 et 4

© Intervenante Canin Christine Dolan 2014. Tous droits réservés.

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